Le corps sait avant la tête

Saison 1 · Se connaître · N° 3 · 4 à 6 min

Le corps sait avant la tête

Ventre, instinct, temps, parole… Chaque corps sait à sa façon. Laquelle est la tienne ?

Une personne debout face à l'horizon, à l'écoute de son corps

Tu as déjà fait ça, j'en suis sûr. Une décision à prendre. Une liste de pour, une liste de contre. Tu pèses, tu hésites, tu demandes l'avis de tout le monde.

Et à la fin, tu choisis… ce que tu avais senti dès le début.

Aujourd'hui, j'ai envie de te parler de ça. De ce moment où le corps sait, avant que la tête ait fini de réfléchir.

La tête n'est pas l'ennemie

Je veux être clair dès le départ : la tête n'est pas l'ennemie.

Elle est faite pour des choses magnifiques. Comprendre. Comparer. Apprendre. Transmettre. Raconter. Elle est même indispensable pour aider les autres.

Mais elle a une limite. Elle peut trouver de bonnes raisons pour tout. Et leur contraire. Elle peut tourner pendant des jours sur une question, sans jamais la trancher.

Parce que décider, ce n'est pas son rôle.

La tête est une très bonne conseillère. Mais c'est le corps qui sait.

Les façons dont le corps sait

Et chaque corps sait à sa façon. Je vais t'en partager plusieurs. Écoute simplement laquelle te parle.

Par le ventre. Pour certains, la réponse monte du ventre. Un son, presque. Un « hmm-hmm » pour oui, un « hmm-mm » pour non. Un élan qui se lève, ou qui se retire. Cette réponse-là a besoin d'une question pour se réveiller : « Tu as envie de ça ? »

Par un flash. Pour d'autres, c'est un instinct. Une certitude tranquille, dans l'instant, qui ne se répète pas. Une seule fois, tout doucement. Si on ne l'écoute pas tout de suite, elle est déjà passée.

Avec le temps. Pour d'autres encore, la clarté vient avec le temps. Ce soir, c'est oui avec enthousiasme. Demain matin, c'est non. Après-demain, c'est un oui plus calme. Ce n'est pas de l'indécision. C'est une vague qui monte et qui redescend, et la vérité se révèle quand la vague est passée. Ces personnes-là ont le droit de dire : « On en reparle demain. »

Par la volonté. Certains savent en se demandant simplement : « Est-ce que je le veux vraiment ? Est-ce que j'ai envie de m'engager là-dedans, pour moi ? » Le corps répond par un engagement profond, ou par rien.

En parlant. D'autres découvrent ce qu'ils savent en s'entendant parler. Ils racontent la situation à quelqu'un de confiance, sans attendre de conseil. Et au milieu d'une phrase, ils s'entendent dire la réponse.

Par le lieu et les personnes. Pour certains, c'est l'environnement qui parle. Dans tel endroit, avec telles personnes, tout est clair. Ailleurs, tout se brouille. Ils savent en sentant où ils sont bien.

Avec un cycle. Et quelques-uns, plus rares, ont besoin d'un cycle entier. Environ un mois, comme la lune. Ils laissent la question mûrir, en parlent à plusieurs personnes, et la réponse se dépose doucement.

Pour moi, c'est le flash. Une certitude dans l'instant, avant même que la tête ait compris la question. J'ai mis longtemps à lui faire confiance. Aujourd'hui, c'est elle qui décide.

✦ Et toi ?

En lisant ces façons de savoir, laquelle t'a parlé ?

Pourquoi on ne l'entend plus

Si le corps sait, pourquoi on ne l'entend plus ?

Parce qu'on a appris très tôt à justifier. À expliquer. À avoir de bonnes raisons. « Pourquoi tu ne veux pas ? » « Donne-moi une raison. »

Et le corps n'a pas de raisons. Il a des réponses.

Alors petit à petit, on a laissé la tête parler plus fort. Le corps, lui, n'a jamais cessé de savoir. Il attend simplement qu'on l'écoute de nouveau.

Un temps d'écoute

Je te propose un petit temps d'écoute. Pas besoin de fermer les yeux. Juste ralentir.

Je vais te poser trois questions. Ne cherche pas à y répondre avec la tête. Observe simplement ce qui se passe dans le corps.

As-tu besoin de repos, maintenant ?

As-tu envie de ce qui t'attend aujourd'hui ?

Y a-t-il quelque chose que tu sais déjà, et que la tête n'ose pas encore dire ?

Peut-être qu'une réponse est venue tout de suite. Un son, un flash, une sensation. Peut-être que rien n'est venu, et que la réponse viendra demain, ou en en parlant. Tout est juste.

Au quotidien

Pour retrouver cette écoute au quotidien, commence petit.

Les petits choix d'abord. Le plat au restaurant. Le chemin à prendre. Le vêtement du jour. Pas d'enjeu, juste de l'entraînement.

Note ce qui se passe. Quand le corps a su et que tu l'as écouté, comment ça s'est passé ? Et quand la tête a décidé à sa place ? Petit à petit, la confiance revient.

Laisse la tête faire son travail, après. Une fois que le corps a décidé, la tête peut organiser, planifier, expliquer aux autres. C'est là qu'elle est la meilleure.

Pour finir

« Le corps sait avant la tête. Pas mieux qu'elle : avant elle. Chacun dans son rôle. »

Le corps décide. La tête comprend. Et la conscience observe les deux, tranquillement.

Vendredi 16 octobre, dans le prochain épisode : pourquoi tu n'es pas ce que tu penses.

Épisode précédent : Ce qui n'est pas à moi.
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