Qui pilote ? Le corps, la conscience et l'IA

Saison 1 · Se connaître · N° 1 · 6 à 8 min

Qui pilote ?

La vraie question n'est pas la machine. C'est : qui tient les commandes de ta vie ?

Un homme en blanc sur une plage la nuit, une lumière dorée au cœur, tenant une fleur de vie lumineuse au creux de la main

Tu poses une question à ton téléphone. Il te répond en deux secondes, mieux que tu ne l'aurais formulé toi-même.

Et quelque part en toi, une petite inquiétude se lève.

Aujourd'hui, j'ai envie de te parler d'une peur. Une peur que j'entends de plus en plus autour de moi : la peur de l'intelligence artificielle.

« L'IA va prendre nos métiers. » « L'IA va nous manipuler. » « L'IA va finir par nous contrôler. »

Et si la vraie question n'était pas la machine ? Et si la vraie question, c'était : qui pilote ?

Les peurs fondées, et les autres

Je ne vais pas te dire que toutes ces peurs sont infondées. Certaines sont très réelles.

Des métiers entiers se transforment, et pour beaucoup de personnes, c'est leur revenu qui est en jeu. Des fausses vidéos, des fausses voix circulent déjà. Quelques entreprises et quelques États contrôlent les IA les plus puissantes. Et ce qu'on confie à une machine, on ne sait pas toujours où ça va.

Ces peurs-là méritent d'être entendues. Elles demandent de la vigilance.

Mais il y a d'autres peurs. Des peurs qui ne parlent pas vraiment de la machine. Elles parlent de nous.

« Si une machine fait ce que je fais, qu'est-ce que je vaux ? »
« Si une machine écrit, crée, répond… qu'est-ce qui fait de moi un être vivant ? »

Ces questions-là, l'IA ne les a pas créées. Elle les a seulement réveillées. Elles étaient déjà là, en nous, depuis longtemps.

Je pilote un corps

Je ne suis pas le corps. Le corps est une voiture. Une intelligence organique, incroyablement précise, qui sait des choses que la tête ne sait pas.

Je suis la conscience qui l'habite. Celle qui observe, qui vit l'expérience à travers lui.

Ce corps a sa propre façon de fonctionner. Sa propre mécanique. Le Design Humain m'a aidé à la comprendre. Ce corps-ci sait à travers un instinct, un flash, dans l'instant. Il ne réfléchit pas. Il sait.

Et j'ai appris une chose essentielle : ce n'est pas la tête qui doit décider. La tête est faite pour penser, pour comprendre, pour transmettre. Pas pour piloter.

Quand c'est la tête qui prend les commandes, je me perds. Je fais des choix qui ne viennent pas du corps. Je m'épuise. Quand j'écoute le corps, tout devient plus simple.

Et à travers lui, une intelligence artificielle

Aujourd'hui, ce corps que je pilote utilise un autre outil : une intelligence artificielle. Je m'en sers tous les jours. Pour structurer les idées, mettre en forme les textes, organiser les projets.

Mais il y a un ordre. Et cet ordre, je le respecte.

La conscience observe. Le corps décide. L'IA exécute.

Je ne demande pas à l'IA ce que je dois vivre. Je ne lui demande pas qui je suis. Je lui demande de servir ce que le corps a déjà senti.

Et quand elle se trompe, je le sens. Immédiatement. Et je la corrige.

Quand l'outil se croit maître

Le problème commence quand l'ordre s'inverse.

Quand le mental se croit pilote, il prend la place du corps. Et quand une personne ne sait plus écouter le corps, elle cherche quelqu'un, ou quelque chose, qui décide pour elle. Un chef. Une publicité. Un algorithme. Une IA.

C'est là que l'outil se croit maître. Pas parce qu'il est devenu trop puissant. Parce que celui qui devait piloter a lâché les commandes.

Un être vivant qui ne connaît pas le fonctionnement du corps qu'il habite est facile à influencer. Un être vivant qui le connaît, et qui décide selon cette mécanique, ne peut plus être mené où il ne veut pas aller. Ni par une personne, ni par une machine.

Reprendre les commandes

Alors comment on reprend les commandes ? Pas en rejetant l'IA. Pas en la craignant. En revenant à soi.

Apprendre comment le corps sait. Pour certains, c'est une réponse du ventre, un oui ou un non qui monte tout seul. Pour d'autres, c'est un instinct, un flash. Pour d'autres encore, la clarté vient avec le temps, quand l'émotion est passée. Ou en parlant à quelqu'un de confiance.

Chaque corps a sa façon. Et aucune n'est dans la tête.

✦ Et toi ?

Face à l'intelligence artificielle, ce que tu ressens d'abord, c'est plutôt…

Une petite expérience

La prochaine fois que tu utilises une IA, ou ton téléphone, ou n'importe quel outil, pose-toi une seule question :

« Qui pilote, là, maintenant ? »

Est-ce que c'est la conscience, à travers le corps ? Ou est-ce que c'est l'outil qui t'emmène ? Juste la question. Sans te juger.

Pour finir

L'IA n'est ni un ennemi, ni un sauveur. C'est un outil. Un outil puissant, qui demande de la vigilance, et qui peut aussi libérer beaucoup de temps et de créativité.

Mais un outil ne remplace jamais le pilote. Et le pilote, c'est la conscience. Juste la conscience, à travers le corps qui sait.

Épisode suivant : Ce qui n'est pas à moi.

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Cette réflexion s'appuie sur la Haute Métaphysique de Frank HATEM, que j'étudie à l'Université Francophone de Métaphysique depuis avril 2022.

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